Jardin du musée d'Art moderne à Troyes (10)

Le Musée d’Art Moderne de Troyes entame fin 2018 une phase de rénovation et de modernisation jusqu’en 2020.
Dans le cadre de ce projet, le jardin clos de 4 000 m2 où sont situées de nombreuses sculptures, a été totalement redessiné.
La phase chantier prévue de novembre 2018 à juin 2019 permettra d’ouvrir le nouveau jardin au public au printemps 2020, une fois le musée rénové, soit un an après les dernières plantations ; c'est est une chance rare pour permettre au jardin de s’installer !


Histoire et constats

Le Musée d’Art Moderne de Troyes a été créé en 1982, à la suite d’une donation de nombreuses œuvres à la ville par les collectionneurs Pierre et Denise Lévy. Il est situé depuis cette date dans l’ancien palais épiscopal de Troyes, datant des XVIe et XVIIe siècles. La composition classique du jardin « à la française » avant travaux date de l’ouverture du musée, période à laquelle il a été créé de toutes pièces, sans doute d’après un plan aquarellé de 1769.

Le site a de très grandes qualités patrimoniales et spatiales dont les murs  périphériques en craie, une allée de tilleuls, un ancien rû asséché avec un pont en pierre et un lavoir, de prestigieuses façades et des vues vers le clocher de la cathédrale et la ville moyenâgeuse.

Malgré cela, le jardin classique souffrait de plusieurs maux :

- des allées gravillonnées peu accessibles aux personnes à mobilité réduite
- des buis boules et de bordures malades à arracher
- un contraste très important entre les secteurs ouverts ensoleillés et l’allée sombre des tilleuls en fond de jardin, sans nuance aucune
- une certaine austérité ressentie avec un jardin évoluant peu au fil des saisons : les pelouses et buis toujours verts, des parterres nus sans aucune fleur …
- des sculptures posées dans le jardin sans véritable mise en relation avec ses composants

Un retour à la culture en bandes et à la diversité

Le projet de requalification s’inspire du jardin de l’Evêché tel qu’il existait dans la seconde moitié du 20e siècle : un jardin vivrier composé de « planches » de potager ponctuées d’arbres fruitiers. Ces bandes cultivées dessinaient un jardin agréable à la vue avec une végétation changeante au feuillage coloré et varié. Les arbres apportaient de l’ombre ou de la mi-ombre, ambiances lumineuses confortables pour affronter l’orientation presque plein sud à la saison chaude.

Un jardin qui produit, un jardin à vivre, un jardin de couleurs et de senteurs, plus en adéquation avec les collections de peintures du musée des époques impressionnistes et fauves … La peinture « Big Ben » de Derain, peinture emblématique des collections du musée, illustre les couleurs éclatantes et impressions qui trouveront leur place dans le futur jardin : taches de couleurs, nuances, mouvement, dégradés de couleurs, contrastes entre couleurs chaudes et froides etc.

La composition en bandes est à la fois une manière de renouer avec le passé vivrier du site mais aussi de créer un jardin résolument contemporain, répondant au souhait d’apporter de la diversité végétale tout en maîtrisant les coûts de gestion : une seule variété par bande, pelouses et allées aux largeurs d’entretien, masses d’arbustes, arbres de petit et moyen développement, plantes grimpantes sur câbles pour créer des cloisons vertes étroites en remplacement des haies taillées « 3 faces » et bordures métalliques assurant la pérennité de la composition dans le temps. Les bandes seront plantées de vivaces, graminées et légumes par les jardiniers de la ville en Régie (végétaux fournis par l’entreprise), pour une meilleure appropriation du projet avant les phases délicates d’entretien.

Un renouvellement de la collection de sculptures

Le projet est l’occasion d’interactions importantes entre la conception du futur jardin et l’installation de la nouvelle collection de sculptures. En effet, l’opération de modernisation du musée est l’occasion de renouveler largement la collection, en proposant des œuvres plus contemporaines voire monumentales, avec une plus grande diversité de matériaux et de couleurs. Le chantier est prévu en deux phases afin de respecter les périodes d’installation des oeuvres, de pose de l’ascenseur et de renovation de la terrasse en pavés.

Informations complémentaires

  • Maître d'ouvrage : Ville de Troyes
  • Maître d'oeuvre : Métamorphose
  • Entreprises : France Environnement
  • Coût : 117 000 €
  • Calendrier : Début des travaux : novembre 2018 - Fin des travaux : juin 2019